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L’appel pour l’humanitaire me vient de
mon très jeune âge. J’avais à peine 5 ou 6 ans et déjà je me
demandais pourquoi certains enfants mouraient de faim alors que moi
j’avais tout ce que je pouvais souhaiter. Déjà à cet âge, à toutes
les semaines j’achetais à l’école des images d’enfants du
tiers-monde pour la somme de dix sous. Le professeur de première
année nous expliquait que les sommes recueillies serviraient à
nourrir les enfants. J’avais une collection de ces cartes que je
n’ai malheureusement pas conservées mais heureusement mon cœur lui,
est demeuré avec eux.
Depuis toutes ces années, je suis toujours
restée sensible à la misère humaine mais comme plusieurs d’entre
vous, je me demandais quelle proportion de l’argent recueilli se
rendait bel et bien à bon port. Je me disais également que c’était
bien de donner mais que je pouvais faire plus en m’impliquant
davantage directement auprès d’eux. J’ai donc décidé de prendre mon
courage à deux mains et d’instaurer Mission-Partage.
L’organisme a pour but de venir en aide aux plus démunis de la
planète afin de leur donner espoir et dignité humaine.
A l’aube de mes 46 ans, ma situation
familiale ayant changé et mes enfants étant devenu de jeunes
adultes, je suis partie seule pour mon premier voyage vers l'Inde. Mon but était de parfaire mon expérience dans l’humanitaire
et vérifier l’état de ce feu sacré qui m’habitait depuis mon
enfance. Pour ce faire, j’ai dû vaincre ma peur atroce de prendre
l’avion car j’avais à affronter 23 heures consécutives de vol. J’ai
également dû affronter mon insécurité à voyager seule. L’unique
façon que j’ai trouvée pour y arriver a été de lâcher prise et de
faire confiance à Dieu. Cette étape n’a pas été facile au tout
début mais dès l’aéroport, déjà je me suis sentie accompagnée,
protégée et ce tout au long du voyage. Encore aujourd’hui quand j’y
repense, j’ai peine à croire que j’ai eu le courage de faire ce
grand saut dans ma vie.
C’est auprès des Sœurs Missionnaires de
la Charité à Kolkata que j’ai fait mon apprentissage dans le
domaine. Au départ, on m’avait dit que si je survivais moralement
et physiquement dans cette ville, je survivrais partout dans le
monde…. et sincèrement aujourd’hui j’y crois. J’ai vu et vécu des
situations dans cette ville qui étaient dignes de nos plus grands films
d’horreur, mais j’y ai également découvert la beauté dans la
pauvreté.
Je souhaite donc à travers mon vécu
vous faire partager la triste réalité de ces gens que j’aime, que
j’admire et que je respecte du plus profond de mon cœur, en espérant
avoir votre appui pour les aider davantage. Votre don est un petit
pas vers la liberté, la dignité et l’espoir. Merci de croire en
nous.
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